En 2026, la Serie A accorde désormais quatre places directes en Ligue des champions, mais la redistribution des coefficients UEFA complique la tâche des prétendants historiques. L’Inter Milan, malgré un palmarès européen solide, n’a pas échappé aux secousses récentes du marché des transferts et à la pression financière qui frappe les grands clubs italiens.
Le recrutement s’oriente vers des profils polyvalents et des jeunes à fort potentiel, tandis que le staff technique privilégie une continuité tactique parfois contestée par une partie du board. Les exigences institutionnelles et sportives s’entrechoquent, laissant peu de marge à l’erreur.
Où en est l’Inter Milan en 2026 ? Bilan d’une équipe entre stabilité et remises en question
L’été s’étire à Milan, mais le goût amer de la finale de Ligue des champions 2025 perdure dans les travées de San Siro. L’Inter Milan traîne encore le souvenir de cette défaite face au Paris Saint-Germain, mais l’élan collectif n’a pas flanché. Cristian Chivu, désormais sur le banc à la place de Simone Inzaghi, prend en main un groupe solide qui cherche toujours la recette pour franchir la dernière marche. Le vestiaire s’appuie sur des valeurs sûres : Lautaro Martinez, capitaine et figure de proue, totalise 23 buts en 31 rencontres toutes compétitions confondues sur la saison passée. Autour de lui, les repères sont clairs : Sommer protège les cages, Bastoni et Pavard verrouillent l’arrière-garde, Barella et Calhanoglu dictent le tempo au milieu.
Côté chiffres, la défense interiste impressionne : 12 buts encaissés en Serie A, record partagé au sommet des cinq grands championnats européens. Ce socle repose sur un 3-5-2 hérité de Conte et peaufiné par Inzaghi, qui continue de faire autorité. Matteo Darmian, Denzel Dumfries et Federico Dimarco verrouillent les couloirs ; la polyvalence de Carlos Augusto offre une solution supplémentaire dans la rotation. Devant, Lautaro Martinez s’appuie sur la complémentarité de Marcus Thuram (12 buts, 7 passes décisives) pour garder l’attaque dangereuse et imprévisible.
Mais cette impression de maîtrise a ses failles. Le faux pas lors de la dernière journée de Serie A, qui a coûté le titre 2025, a rouvert la boîte à débats. Les circuits offensifs, parfois trop téléphonés, peinent face aux blocs regroupés. Certains cadres, à l’image de Mkhitaryan ou Arnautovic, alternent fulgurances et longues traversées du désert. Le prochain mercato d’hiver sera scruté de près, car la densité du calendrier et la montée en puissance des rivaux européens ne laissent guère de répit.
Sous l’impulsion de Chivu, le défi est limpide : préserver la robustesse sans renoncer à l’audace. Inter Milan reste un repère du football continental, mais la frontière entre constance et surplace s’amenuise. Dans les tribunes, les supporters de San Siro réclament davantage qu’une équipe solide : ils veulent vibrer à nouveau pour un collectif conquérant.
Quels choix pour franchir un cap en Ligue des champions : analyse des ambitions, du recrutement et des défis tactiques
Pour la direction interiste, la ligne est tracée : rebondir après la désillusion face au PSG et transformer la frustration en moteur pour la prochaine campagne européenne. La finale de la Ligue des champions 2025 a mis en lumière la solidité du groupe, mais aussi ses limites lorsqu’il s’agit de déstabiliser une défense de très haut niveau. Cristian Chivu hérite d’un effectif resté fidèle au 3-5-2, mais la nécessité d’insuffler du renouveau s’impose, notamment dans les couloirs et sur le banc, où la répétition des matchs européens commence à peser.
Voici les points d’attention prioritaires du mercato d’hiver selon les discussions internes et les attentes du staff :
- Recruter un milieu relayeur capable de casser les lignes et d’apporter une touche de verticalité supplémentaire
- Intégrer un attaquant de rotation, pour permettre à Lautaro Martinez et Marcus Thuram de souffler sans perte de qualité devant
Sur le plan offensif, Mkhitaryan, meilleur passeur avec 8 offrandes, reste précieux, mais il manque une étincelle d’imprévisibilité pour surprendre les gros calibres européens. Comparée aux ténors continentaux, l’Inter affiche un retard sur les coups de pied arrêtés : Arsenal, par exemple, a marqué 24 buts de cette manière, un record dans les cinq grands championnats, là où les Nerazzurri doivent encore progresser.
Le chantier ne s’arrête pas au recrutement. Sur le plan tactique, le schéma transmis par Conte puis affiné par Inzaghi a montré ses limites face à la pression constante des Anglais, à la verticalité tranchante de Liverpool ou à la puissance du PSG. Face à une concurrence européenne qui ne cesse de s’élever, l’Inter Milan doit trouver le bon équilibre entre la fidélité à ses bases et la capacité à se réinventer. Les tribunes de San Siro n’attendent plus simplement une équipe présente parmi les grands, mais une escouade capable d’imposer ses codes et de relever la tête sans hésitation.
Dans le tumulte du football européen, l’Inter Milan avance avec cette certitude : rien n’est jamais acquis. Et c’est sans doute ce doute permanent qui aiguise le désir de retrouver, au bout du tunnel, une lumière bleue et noire sur le toit de l’Europe.


